Guide

pour la mise en place et le travail des Conseils pastoraux
dans les communautés linguistiques (missions) en Suisse

  

C'est pour répondre au vœu émis par des agents pastoraux et des fidèles migrants que la Commission pastorale de migratio a révisé les "Directives pour la mise en place et le travail des Conseils pastoraux dans les missions linguistiques en Suisse" du mois de mars 1987.

Un Conseil pastoral n'est pas obligatoire mais il est fortement recommandé pour les communautés linguistiques. Par conséquent il s'agit ici d'une proposition. Le document révisé veut montrer les structures et les tâches de base d'un Conseil pastoral et aider les communautés dans l'établissement ou la révision des statuts d'un Conseil pastoral. Ces directives sont donc des recommandations. Les compétences des responsables diocésains de la pastorale des migrants en Suisse et de la commission pastorale de migratio ont déjà été fixées de manière officielle.

Introduction

Selon la déclaration du Concile Vatican II, "L'apostolat des laïcs ne peut jamais manquer à l'Eglise" (Apostolicam actuositatem, no 1). L'Eglise, communauté des baptisés, favorisera son action pastorale quand elle valorise les différents charismes à l'intérieur de sa communauté. Dans une société marquée par le pluralisme, la collaboration entre laïcs et personnes consacrées est indispensable. Ainsi, "il y a, dans l'Eglise, diversité de ministères, mais unité de mission" (AA no 2). Chaque laïc doit être conscient de sa coresponsabilité pour la vie spirituelle de tous les hommes et en particulier pour celle de sa communauté (cf. Erga migrantes caritas Christi, dispositions juridiques et pastorales art. 3). Chaque communauté linguistique a beaucoup à gagner d'un Conseil pastoral.

D'entente avec le responsable de la pastorale et l'équipe pastorale, le Conseil pastoral sera en dialogue avec les fidèles afin de bien connaître leur vie et de la comprendre à la lumière de l'Evangile. Le Conseil pastoral doit refléter toute la diversité de la communauté et servir d'exemple aux migrants catholiques dans la communauté où ils vivent et célèbrent la liturgie et où ils peuvent grandir dans l'amour mutuel comme des personnes croyantes.

 

 

1. But et rôle

Le Conseil pastoral est au service de la pastorale. Sa tâche est consultative, et il représente les fidèles migrants. Les membres du Conseil accueillent les suggestions et désirs des fidèles et veillent à la mise en pratique des décisions.

Les tâches propres du Conseil pastoral sont les suivantes:

a) Liturgie: collaboration lors de la préparation et mise en place des liturgies et célébrations sacramentelles (dans la langue du pays et dans la langue des migrants)

b) Formation des adultes: collaboration pour la formation permanente, organisation de sessions pour les problèmes conjugaux et familiaux ainsi que pour les problèmes d'émigration.

c) Travail auprès des jeunes: collaboration lors de la mise en place et de la conduite des groupes de jeunes, catéchèse pour les jeunes, intégration des jeunes aux activités de la communauté.

d) Manifestations de la communauté des migrants: organisation de manifestations, excursions etc.

e) Collaboration avec les Conseils de communauté suisses, avec les conseils de paroisse et les Conseils pastoraux d'autres communautés de migrants: collaboration à des manifestations communes, et informations réciproques.

f) Service social et caritatif: Visite de malades, de personnes âgées ou seules, accueil de nouveaux venus etc.

g) Information: transmission des informations concernant l'activité du Conseil pastoral et de la communauté des migrants.

h) Aider les autorités cantonales et les autorités de l'Eglise lors de la repourvue du poste de responsable de la communauté des migrants.

 

 

2. Compétences:

Le Conseil pastoral est au service de la communauté des migrants. Il aide l'agent pastoral dans les décisions à prendre. Il lui transmet suggestions et recommandations sous forme de requêtes justifiées.

Au cas où l'agent pastoral se déclarerait en désaccord avec une décision du Conseil pastoral, il doit motiver son attitude. Si le désaccord persiste entre l'agent pastoral et le Conseil, il appartient tout d'abord au responsable de la zone — là où cette fonction existe — puis au coordinateur national de régler le différend.

Si, malgré l'intervention du coordinateur national on ne trouve pas d'accord, il faut soumettre la question au responsable de l'évêque pour la pastorale des migrants au siège de la communauté linguistique. La même règle s'applique aux communautés de migrants qui n'ont pas de coordinateur national. La décision de ce dernier deviendra alors contraignante pour les deux parties. 

Si le travail du Conseil pastoral devient impossible à cause d'un désaccord interne, ou si d'autres raisons graves l'exigent, le responsable de l'évêque pour la pastorale des migrants peut dissoudre le Conseil pastoral au siège de la communauté linguistique

Si le poste pastoral est vacant, le Conseil pastoral continue son travail sans procéder à des changements importants de la vie communautaire. Le Conseil pastoral doit informer le nouvel agent pastoral du travail accompli jusqu'alors. A la demande du nouvel agent pastoral, le responsable de l'évêque pour la pastorale des migrants peut dissoudre le Conseil pastoral au siège de la communauté linguistique.

Pour toute question inhérente aux Conseils pastoraux de communautés linguistiques au niveau suprarégional et suisse répond la Commission pastorale de migratio. Pour toute question inhérente aux Conseils pastoraux au niveau local (endroit de la Messe) répond le responsable délégué par l'évêque pour la pastorale des migrants.

3. Composition du Conseil pastoral

a) Membres: Le Conseil se compose de membres élus et appelés ainsi que de membres d'office.

L'agent pastoral pour les migrants et les autres personnes travaillant professionnellement (plus de 50%) dans  la communauté linguistique sont membres d'office du Conseil pastoral avec voix consultative. Cela signifie qu'ils ne participent ni aux votes, ni aux élections au sein de ce Conseil.

Les membres élus doivent représenter toutes les classes d'âge (à partir de 16 ans) des deux sexes. Des personnes de la deuxième et troisième génération devront être encouragées à occuper un siège dans le Conseil pastoral. Là où la communauté linguistique comprend un grand territoire, il faut prendre garde à ce que toutes les régions soient représentées en fonction du nombre effectif des fidèles résidents. Il peut être judicieux de mettre en place plusieurs conseils pastoraux ou groupes de contact.

Le Conseil pastoral doit refléter la diversité d'une communauté de migrants afin que tous les fidèles attachés à la communauté soient représentés.

Pour représenter de manière optimale les différents groupes, le Conseil pastoral peut élire lui-même jusqu'à un quart des membres à la majorité de deux tiers. Dans ce cas, l'agent pastoral a le droit de proposition; de même, au moins 20 fidèles formant un groupe, peuvent faire une proposition motivée auprès du Conseil pastoral.

Il faut réserver une place dans le Conseil pastoral au délégué, élu ou appelé, du conseil paroissial où la communauté linguistique a son siège ou célèbre l'Eucharistie.

A l'inverse, il est souhaitable qu'un ou plusieurs membres du Conseil pastoral des migrants participent au Conseil de paroisse/de communauté de la paroisse où la communauté linguistique a son siège ou célèbre l'Eucharistie.

Là où des communautés linguistiques sont partagées en zones, au moins deux membres du Conseil pastoral doivent faire partie du Conseil pastoral de la zone.

b) Nombre des membres: Le Conseil pastoral doit compter au moins 7 membres. Le nombre des membres sera déterminé en fonction du nombre des fidèles que compte la communauté. Dans l'intérêt de l'efficacité, il faudra éviter un nombre trop grand de membres. Pour des tâches particulières, on pourra former des groupes de travail.

c) Convocation d'un Conseil pastoral: l'initiative de constituer un Conseil pastoral appartient à l'agent pastoral ou à un groupe de laïcs qui entreprendront les démarches nécessaires à l'élection des membres du Conseil pastoral.

L'instance qui prépare cette constitution du Conseil pastoral tient compte des propositions de candidatures et publie la liste électorale. Elle peut présenter elle-même des candidats. Avant l'élection, les candidats devront déclarer leur disponibilité. Il est souhaitable que sur la liste électorale figurent plus de candidats qu'il n'y a de postes à pourvoir.

Le droit de vote actif ou passif revient à tous les fidèles de plus de 16 ans qui appartiennent à la communauté linguistique à cause de leur langue, culture ou lien affectif personnel. On est en droit d'attendre que les candidats connaissent la vie religieuse de la communauté linguistique et sont au courant des préoccupations et problèmes de ses fidèles. Les candidats seront des fidèles actifs enracinés dans l'Eglise catholique-romaine.

Dans les communautés linguistiques qui couvrent une région plus vaste le droit de vote revient aux personnes qui ont leur domicile ou leur activité religieuse dans le lieu où la communauté linguistique célèbre l'Eucharistie. On ne peut avoir le droit de vote qu'à un seul endroit.

Autant que possible le vote, qui sera secret, aura lieu à l'issu de la messe où l'agent pastoral célèbre l'Eucharistie. Si l'élection se fait en plusieurs endroits, les représentants de l'instance qui organise le vote seront présents pour assurer le bon déroulement.

Le résultat de l'élection sera communiqué à tous les fidèles de la communauté linguistique par la presse ou par circulaire.

d) Durée du mandat et rééligibilité: l'élection au Conseil pastoral donne droit à un mandat de quatre ans.

En cas de démission d'un membre avant la fin de son mandat, le Conseil pastoral organisera une élection complémentaire.

Les membres du Conseil pastoral peuvent être révoqués avant la fin de leur mandat lorsqu'une majorité des deux-tiers de tout le Conseil pastoral et le responsable de l'évêque pour la pastorale des migrants au siège de la communauté linguistique le décident pour des raisons importantes.

4. Organisation:

 

a) Le président: le Conseil pastoral élit son président; le consentement de l'agent pastoral est requis pour la validité de l'élection. Des présidents de la deuxième ou troisième génération peuvent particulièrement bien rendre le service de créer des ponts entre culture suisse et culture des migrants. Pour la séance constitutive, on désignera le plus ancien membre du Conseil pastoral pour diriger l'élection du président.

Il appartient au président du Conseil pastoral, en accord avec l'agent pastoral, de convoquer les réunions et d'établir la liste des tractanda. Il dirige les séances du Conseil pastoral.

Il prend part aux rencontres régionales ou diocésaines des présidents des Conseils pastoraux.

b) Secrétaire: le secrétaire tient le procès-verbal des réunions et accomplit les tâches administratives.

c) Autres fonctions: les statuts particuliers peuvent prévoir d'autres charges.

d) Substituts: pour chacune des fonctions, un substitut est désigné qui remplace, en cas d'empêchement, le titulaire.

e) Bureau de travail: suivant l'ampleur du Conseil pastoral, il sera parfois indiqué de désigner un Bureau dont feront partie obligatoirement l'agent pastoral et les représentants de chaque groupe de travail. Le rôle de ce Bureau est de décharger le président. Le Bureau établit la liste des tractanda pour les réunions du Conseil pastoral et contrôle l'exécution des décisions du Conseil pastoral.

5. Méthode de travail:

a) Statut: Chaque Conseil pastoral se donne un statut adapté aux conditions locales. Les statuts entrent en vigueur après l'acceptation de l'agent pastoral et après l'approbation par les responsables de l'évêque pour la pastorale des migrants au siège de la communauté linguistique.

b) Réunions: Le Conseil pastoral est convoqué au moins une fois par trimestre par le président ou par le Bureau. La convocation est faite par écrit, comporte l'ordre du jour et doit parvenir aux intéressés au moins 20 jours avant la date fixée pour la séance. Les requêtes éventuelles au Conseil pastoral doivent être envoyées au moins dix jours avant la séance, par écrit, à l'adresse du président.

Un tiers des membres du Conseil pastoral peut exiger la convocation d'une séance.

c) Groupes de travail: peuvent participer à des groupes de travail aussi des personnes ne faisant pas partie du Conseil pastoral. Cependant ne pourront être déléguées au Bureau du Conseil que les personnes qui sont membres du Conseil pastoral. Certaines tâches peuvent être déléguées à des organismes ou à des organisations déjà constitués. Pour des questions particulières, on peut désigner des groupes de travail spéciaux.

d) Procès-verbal: on établira lors de chaque séance un procès-verbal, comportant au moins les décisions, qui sera envoyé à tous les membres du Conseil pastoral.

e) Vote: les votes du Conseil pastoral peuvent se faire à main levée. On devra cependant procéder au vote secret si un membre du Conseil présent le demande.

En cas d'égalité des voix, c'est le vote du président qui est déterminant.

f) Information: les membres de la communauté linguistique seront régulièrement informés sur l'activité du Conseil pastoral par leurs organes d'information ou par circulaires. On informera conjointement les paroisses sur le territoire desquelles est située la communauté linguistique; celles-ci doivent être également invitées aux séances du Conseil pastoral.

g) Formation permanente: le président du Conseil pastoral doit s'efforcer d'inviter les membres du Conseil pastoral à fréquenter les cours de formation religieuse permanente, les sessions proposées, etc.

Editées par la Commission pastorale de migratio.

La Conférence des évêques suisses en a pris connaissance le 1er mars 2011.

Fribourg, 27 juin 2011 CP