Saint-Père Saint-Père | 26.09.2017

Enfants réfugiés, vulnérables et sans voix


SBK-CES-CVS Conférence des évêques suisses | 26.09.2017

Enfants réfugiés, vulnérables et sans voix


26.09.2017

Enfants réfugiés, vulnérables et sans voix


26.09.2017

Enfants réfugiés, vulnérables et sans voix


SBK-CES-CVS Conférence des évêques suisses | 26.09.2017

Message des Evêques suisses

Enfants réfugiés, vulnérables et sans voix

 

Dimanche des Peuples - 12 novembre 2017

     

 12 novembre 2017

 

Chers frères et sœurs,

«Ces hommes méprisés,
ces femmes humiliées,
ces enfants que tout rejette,
ces meurtris, ces torturés,
tous ces visages bafoués:
Seigneur Jésus,
C’est toi qui me regardes.»

 

Lorsque les chrétiens se mettent en route pour leur «exode spirituel» à travers le désert du Carême annuel, la liturgie leur fait méditer cette stance. Le texte est aussi explicite que l’Evangile de St Matthieu au récit du jugement dernier. Le Christ de notre foi s’identifie à l’homme le plus délaissé, le plus fragilisé. Il se donne à reconnaître dans le plus petit: «Ce que vous aurez fait (ou pas fait) au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous l’aurez fait ou non» (Mt 25). Le petit, l’enfant est véritablement au cœur de l’Évangile. «Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, dira Jésus, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé» (Lc 9, 48). Dieu s’est fait l’un de nous. Son histoire humaine a commencé, en Jésus, par un défi à l’accueil. Ses parents n’ont pas été accueillis à l’hôtellerie de Bethléem, ni lui non plus qui venait de naître. A peine plus tard c’est l’épreuve de l’exil qui l’attend. Sa famille se réfugie en Egypte. Cette toile de fond de notre histoire chrétienne nous permet de lire et relire les situations des enfants réfugiés d’aujourd’hui.

A l’occasion de la journée mondiale du Migrant et du Réfugié, le Pape François tient à attirer l’attention, cette année, sur les enfants. Il nous supplie de prendre soin des enfants réfugiés «qui sont trois fois sans défense, parce que mineurs, parce qu’étrangers et parce que sans défense, quand pour diverses raisons, ils sont forcés à vivre loin de leur terre d’origine et séparés de l’affection des leurs proches». [1]

 

Les mineurs devraient pouvoir bénéficier du droit des enfants. Un enfant a le droit d’avoir un papa et une maman qui l’aiment, qui assurent sa protection et lui permettent ainsi un sain développement. L’enfant a le droit à l’éducation, à l’instruction. L’évêque de Damas, de passage en Suisse, évoquait le drame des enfants syriens dont les papas et les aînés sont morts à la guerre et qui se retrouvent dans des camps de réfugiés avec leur seule maman. Ou encore de très nombreux autres qui passent leur temps dans les rues désolées parce que leurs écoles ont été détruites. Ces enfants-là n’ont même plus le droit d’être des enfants!

 

L’enfant réfugié vient d’ailleurs. Le milieu qu’il découvre en arrivant dans un lieu d’accueil lui paraît habituellement étrange. Il importe que pour le bien de leurs enfants, les migrants puissent collaborer avec les communautés qui les accueillent. Dans son message le Pape François dénonce fortement l’exploitation à laquelle ces enfants sont soumis «quand ils sont à la solde de la criminalité organisée [2]», alors que nous devrions leur assurer protection et défense. Devant les responsables pour la pastorale des migrants, il en appelait à la conscience des exploiteurs: «Je réaffirme que la ‘’traite des personnes’’ et une activité ignoble, une honte pour nos sociétés qui se disent civilisées! Les exploiteurs et les clients à tous les niveaux devraient effectuer un sérieux examen de conscience devant eux-mêmes et devant Dieu». [3]

 

L’enfant est sans voix; il n’a que ses pleurs. Mais que sont ses cris face au bruit des armes qui causent tant de déplacement de population? Sur ce tableau tragique, mais réaliste, comment ne pas encourager toutes les personnes qui accompagnent les enfants sur les routes de l’émigration? Elles sont figures d’Evangile ouvertes aux plus faibles. L’Eglise compte sur la capacité des chrétiens à donner le témoignage d’une communauté apte à être au moins, à la manière de Marie et Joseph, un espace de repos durant la Fuite en Egypte.

 

 ✠ Jean-Marie Lovey crb

 

 

[1] Message du Pape François pour la Journée mondiale de Migrant et du Réfugié 2017

[2] Id.

[3] Discours au Conseil pontifical de la pastorale des migrants et itinérants, 24 mai 2013.